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XII
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Η θαυματα πολλα,
και που τι και βροτων φατις
υπερ τον αλαθη λογον !
«Ah, que de merveilles ici-bas,
mais aussi que de récits de mortels
outrepassant la simple vérité !»
dit le poète de Cynoscéphales...
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Pourtant la splendeur du site d'Olympie
dans le soleil printanier ne peut se raconter
en paroles dont le souffle court peinerait à se hausser
jusqu'au bleu pur de la «simple vérité» !
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L'azur se dévêt dans les arbres de Judée.
Sa neigeuse nudité entre les bras griffus de l'amandier
lutte, puis nuage rose s'essore enfin vers la gloire
où l'aigle crie, auquel - derbies de cuir noir
vaquant à leurs devoirs sacrés parmi les ruines
et les herbes fraîchement parfumées -
répondent en grinçant les lustrés corbeaux du soleil.
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Du moins est-ce là ce dont en reflets murmurants
témoignent les flots indolents de l'Alfios
qu'on appelait Alphée à l'époque où Héraclès
récura les écuries encrottinées du roi d'Elide.
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XIII
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Les Grecs ne savent pas comment résonne
leur langue à nos oreilles
à nous Gaulois et quel charme spécial
ont les syllabes par exemple du mot po-ta-mos
qui se change en «potame» aux lèvres des enfants :
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Potame, popotin, hippopotame, mais aussi Alfée
qui brille comme un mot venu du Proche-Orient,
al-fée, al-cazar, al-lumette, al-manach, al-exandre...
Je rêve... Sur le port, la petite barque de pêche
Pantochara patiente tricolore en plein soleil...
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La mer est un vaste pétale calme. Parfois virevolte
un oiseau bref. Sur la place, une famille s'agglutine
autour d'un kiosque en gazouillant. Puis s'éparpille,
chacun léchant avec application son chocolat glacé.
Il y a une fillette qu'on appelle «élakonntamoufotini».
L'enfant docile vire en faisant voler sa libre chevelure
noire et rejoint en babillant le groupe familial
qui s'éloigne dans la grand'rue aux maisons jaunes...
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Songeant aux stèles écrites dans un alphabet bizarre
que ce matin je tentais de déchiffrer dans l'ombre des arbres,
à quelques pas des colonnes énormes du temple de Zeus,
dispersées au hasard par tronçons cannelés sur l'herbage...
...Je sirote mon café jusqu'au marc épais qui tapisse le fond
de ma tasse. Je scrute longtemps le poisseux magma noir :
je constate frustré que j'ignore comment y lire mon avenir !
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XIV
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Pour s'affirmer hellènes, et conquérir le droit
au front, de porter le bandeau, et dans la main la palme,
ils arrivaient de partout sur leurs navires effilés
aux bordages plaqués d'airain, - même de la lointaine Sicile...
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À cadence de rames, ou la voile gonflée, ils abordaient
aux rivages kiparissiens, et remontaient la vallée de l'Alphée
jusqu'au sanctuaire où drapé de grandeur hiératique attendait
l'immense Zeus d'or et d'ivoire dans son temple sans pareil.
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Jours d'espoir ! Cérémonies immaculées aux plis simples
et courses prodigieuses sous l'admiration des foules...
Et vainqueurs couronnés, dans leur mâle et brillante nudité,
non loin du bois sacré où frissonne l'autel d'une gloire argentée !
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Les oliviers sont toujours là, disséminés entre les pierres
éparses des sublimes monuments à l'ombre desquels on venait
honorer les dieux, figurés par leurs corps en un marbre accompli,
pareils à ce que nous serions dans notre humaine perfection.
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Au fond rien n'a changé depuis ces temps immémoriaux.
La lumière est toujours parfaite et les gainiers sont en fleur.
Que les pierres soient au sol ou les colonnes encore hautes,
ici l'air antique et sacré s'éternise pour les véritables Grecs.
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XV.
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Qu'on nous défie à la flûte aulétique, aujourd'hui
qu'importe ! Personne n'y entendrait le moindre intérêt !
L'écho ne rencontre que les oreilles des ruines, les chèvrepieds
depuis longtemps s'en sont allés rechercher un autre asile,
parmi les monts déserts, sous des bois sacrés à l'ombre inconnue.
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On a remplacé, dans les terres grasses des bords du fleuve,
par les tomates et radis, herbes, oignons, melons, poivrons et crucifères
de maraîches quadrangulaires, les hauts bouquets de roseaux
sonores où le vent enseignait les bergers à tailler d'acides hautbois,
et des syrinx à la voix rauque doucement comme une plainte humaine...
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Sous les yeux bovins des touristes, et ceux des gardiens désoeuvrés du site
qui m'observaient d'un œil aigu où gambadait une étincelle d'ironie,
j'ai cherché Athéna la songeuse et sa flûte aux trous forés en os de cerf.
Partout n'étaient qu'oliviers et sentiers poudreux, frondaisons aux fleurs
mauves ou blanches, et rires divins au fond de la montagne : mais nulle
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Déesse aux yeux pers n'est sortie de l'eau pour m'aveugler de ses doigts purs.
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XVI
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La sérénité qui régnait entre le Cronion l'Alphée et le Pénée, comme elle s'attache au cœur du visiteur de ce site enchanté d'Élide ! L'atmosphère d'Olympie répand sa douceur parfumée entre les blocs striés, alourdis par la mémoire de ces petits hoplites aux grands rêves qui ont inventé des royaumes et des civilisations dont s'est imprégnée presque toute la planète.
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Voici qu'à peine en train de se dégager de l'Âge du Bronze, ils sont capables de façonner des cylindres de roche coquillée de deux mètres de diamètre, de les empiler en une foule de colonnes de quinze mètres de haut, pour leur dieu aux rênes de foudre. Mais cette grandeur, que l'Égypte connaissait depuis longtemps déjà, ne se voulait pas impérieuse et systématiquement terrifiante.
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Il s'agissait là de dresser dans l'aurore de la pensée logique des monuments à l'humanité des dieux, auxquels les hommes par filiation étaient irrémédiablement associés, et la beauté d'Hermès, sa science, la perfection qu'en a restitué Praxitèle, était pour les Argiens, les Doriens, les Corinthiens, les Athéniens, et tous les concurrents venus des plus distantes et plus humbles cités, l'image de l'être humain accompli.
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Tel le marbre des statues, par l'invention de la taille et du polissage, progresse dans sa façon de capter paisiblement la lumière, tels les anciens Hellènes considéraient comme naturel de rivaliser dans leur façon de capter la clarté de l'Idée, et de faire de la langue qu'ils parlaient, à l'instar de l'immense Archimède, une sorte de miroir parabolique avec lequel enflammer les âmes combustibles des hommes, seulement nourries jusqu'alors de sauvages folies.
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Ce peuple minuscule, s'il n'avait pas existé, la face du monde n'eût pas été la même.
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XVII.
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Nous avons sinué entre les stèles et les blocs tombés
dans l'écrin de l'herbe et des arbres mauves
parfois tellement intense qu'on les aurait dits
teints par la mer. Il y a tant d'oiseaux chantants
en cet air d'Olympie, où se croisent d'aromatiques
senteurs, qu'il semble que l'oxygène est plus dense,
et plus ici qu'ailleurs les femmes, amoureuses !
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On dirait qu'une rumeur d'assemblée flotte encore
au-dessus des ruines, une scansion de péans et d'hymnes,
les cris debout des foules enthousiastes commentant
les exploits luisants de corps exceptionnels qu'un instant
est venue habiter la foudre ; et la grâce longuement
préparée – jusqu'à cueillir la fleur du miracle naturel.
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J'entends secrètement les hans, tous les bruits transpirant
de la longue palestre que visite un clan d'anglo-saxons.
De combien d'espoirs sont ici imbues les parois de pierre,
les colonnes, les stèles constellées, le sol cachant les traces
d'innombrables reliques : un peu comme une scène de théâtre
dont l'essentiel du décor est par terre tracé à la craie !
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Ah, quelle chance j'ai de n'être qu'un métèque, un inhabitué :
de n'être pas né grec et de pouvoir sans rechigner, à l'opposé
d'un athénien cosmopolite, encore aimer l'Hellade des Hellènes !
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XVIII
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Solitaire, sur le quai contre lequel clapotent
les eaux Ioniennes, ces mêmes eaux que la mer
de chez moi, je laisse mes pensées vers l'horizon
rejoindre un moment ceux que j'aime
avec un peu de la couleur des barques au soleil,
espérant qu'un éclat de vert ou de bleu subreptices,
ou de rouge et de blanc, viendra rehausser leur journée.
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Je me demande en quoi nous existons, eux et moi,
réciproquement, en ces lieux que la lumière d'avril finissant
fait éclater d'une réalité saisissante comme un rêve...
Ils me semble, aux confins, que je vois un gris léger,
venu, couleur de pluie, de leur ciel nordique et qui tremble
dans la brume au-delà du môle et des gréements inertes.
Point de vent. Juste l'inspiration ventriloque qui suggère :
«Εστιν ανθρωποις ανεμων οτε πλειστα χρησις...»
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Mais décidément, le calme plat qui nivèle la mer aux regards
de chouette sacrée s'allie à la paix langoureuse du port,
où quelques rares couples sous les bannes des tavernes
se parlent au visage, en sirotant d'indécises boissons...
Tels sont incognito les dieux, qu'ils échangent leurs amours
au nez et à la barbe des mortels, sans que le moindre souffle,
quand ils l'ont interdit, n'ose transmettre leurs paroles.
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XIX.
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Tant d'endroits où l'on ne pourra jamais revenir !
Lumière rose inexplicable du marbre de l'Acropole,
brillante ainsi que réfléchie en de claires larmes de pierre,
et l'accumulation, pareille à des poignées de sucres répandus,
des faubourgs d'Athènes au loin, Kallithea Chalandri Peristeri...
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Puis Olympie à l'approche de mai et ses floraisons bleues et mauves,
ses alignements de colonnes supportant désormais, en place
de toiture disparue, un ciel d'un bleu pastel intense et délicat
qui déteint sur les grappes des glycines qui pendent des pergolas...
Marche pensive entre les rocs taillés, entre les pierres, entre les stèles.
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Ce qui vibre ici et traverse l'air inerte avec les ailes du matin,
n'est pas le seul péan des oiseaux dans l'ombre des feuillages, mais
le frissement d'une flèche de sentiment qui transperce nos pensées
et les cloue au tronc d'un songe sacré, dressé au flanc du mont Cronos :
un frisson d'irréfléchie splendeur qui nous saisit à la nuque et qui
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résonne longtemps dans nos souvenirs ainsi qu'une pure voix d'enfant
éteinte... tandis que seule ici la paix répond au triste pourquoi des choses.
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XX.
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«Η τοι εγων ελαχον πολιην αλα ναιεμεν αιει παλλομενων...
Γαια δ 'ετι ξυνη παντων ! - J'ai reçu des dieux, moi,
d'en la mer agitant ses cheveux blancs, habiter à jamais...
La Terre demeurant commune à tous !» lit-on dans l'Iliade,
et cette aïeule mer, secrètement pour moi la langue du poème,
sans fin ressasse un ciel, ici et là semé de bribes d'infinie blancheur...
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Ce sont visions de mots... Visions de syntaxe laiteuse ,
pareille aux galaxies du printemps dont s'empanachent
les vergers en fleur, enserrant parfois quelque immémoriale ruine
aux chapiteaux doublement spiralés d'ammonites symétriques...
Et par moments comme effluves apportés par des rafales fraîches
une musique m'en vient, avec faibles mandolines et voix d'anges ;
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Plus rien n'existe alors. Mon élan tout entier consacré à l'emporter
dans la course à celui qu'un jour, encore lointain, je pourrais être,
d'olivier couronné, ou de lauriers, une palme dans la main droite,
tel, matérialisé, un rêve qui enchanterait l'ensemble des mortels.
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XXI
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Au nid des pins merveilleux et des peupliers blancs
la maison chaulée dont le soleil éblouit la façade carrée
aux fenêtres encore endormies. Si j'étais Séféris
j'aurais répété cette image à toutes les hauteurs des monts
et le gazouillis des oiseaux m'aurait empêché de dormir.
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Mais je ne suis qu'un vague aulète arrivé d'au-delà des mers.
Trois heures entre des ailes d'aluminium, blouclé sur mon siège
étroit, à roupiller, lire, manger, discuter de droite et de gauche !
Cueillis par le vent froid au sortir de l'aéroport, attendant
le véhicule qui doit venir nous chercher, nous évoquons
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l'endroit où dans les environs un ami jadis a visité un petit
artémision : le mot dans mon esprit fait surgir l'image de Zeus
nu, bronzé, bâti comme un maître nageur, le bras gauche tendu,
et le droit brandissant son invisible foudre ! Sans chercher
d'explication, je charge nos valises et je monte dans l'automobile
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qui vient d'arriver avec un grand soleil annonçant Olympie.
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XXII
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J'aurai tant vécu au milieu des morts que la différence
avec les vivants qui sont loin de moi me paraît obscure.
Peut-être ai-je un peu réalisé la frontière en voyant
cabossé, à demi aplati par les siècles dans une vitrine
du Musée d'Olympie le casque en bronze noir de Miltiade,
le stratège de Marathon, que je n'ai connu que par ouï-dire,
grâce aux Histoires du fameux Hérodote ! Car, jeune et seul,
l'on vit volontiers dans les livres avec des amitiés à sens
unique – ou dépouvues de sens, puisqu'il paraît bien vain
à tout homme sensé que de s'éprendre d'inconnus nés
près de deux mille quatre cent soixante ans avant nous !
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Pourtant, quelle émotion – ce casque de hoplite où est gravé
Μιλτιάδης en fines lettres d'alphabet cursif, et qu'on a,
paraît-il retrouvé dans un puits votif où il fut rituellement
déposé en souvenir de Marathon ! D'un seul coup, c'est comme si
l'on m'avait soudain rendu toute la chaleur de ma jeunesse.
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XXIII
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Ανεθεκεν τοι δι - « il l'a enlevé et dédié en offrande à Zeus... »
Tant la victoire, sur la plage, était improbable à un contre vingt,
avec les cavaliers barbares si dangereux sur les flancs, il fallait
que ce fût l'inspiration du Maître de la Foudre qui les pousse
à rembarquer sans avoir combattu et sème chez les fantassins
ennemis terreur et confusion face aux rangs des Athéniens
à la phalange éblouissante ! Alors, le casque du Stratège
fulgurait comme de l'or : la mer même étincelait de ses reflets !
Le désarroi des bateaux perses les faisait s'éperonner entre eux !
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Oui, en ces temps tellement anciens le dieu acceptait encore
de venir appuyer ceux dont l'airain irradiait d'un courage
de nos jours presque inconcevable ! Et le dieu existait encore,
à qui l'on pouvait consacrer le précieux témoignage du miracle
avec un cœur d'enfant reconnaissant, même lorsqu'on était
un vétéran impitoyable aux mains humides et noires de sang !
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Mais à présent plus personne. Il ne reste ici que temples en ruines.
La vallée n'est plus qu'une coulée de souvenirs et d'arbres lumineux,
empreinte d'un genre de sérénité sacrée qui ressemble à l'ultime trace,
sur la Terre fossilisée, du pied immense d'un dieu qui s'en va...
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